Monde Etudiant, cités : la reconquête de la périphérie
Points clés : Extension de l’Hôtel de région et siège de la CA2M sur Bellecroix / Extension du GPV et mise en œuvre des reconstructions / 20 % de logements sociaux pour tout nouvel immeuble / Opération OPAH avec fonds de garantie / Mise en commun des réserves foncières CA2M et plans de construction autour de l’habitat individuel / Rocade circulaire / Passerelles piétons et vélos / Cité Internationale Etudiante dans Bon Secours
Une politique volontaire pour la mixité sociale
La barrière de fait, entre quartiers huppés et quartiers délaissés, doit être supprimée. Une rupture est donc préconisée avec les politiques du passé qui n’ont cessé de concentrer les logements sociaux dans certains territoires périphériques comme Borny, Grigy, la Grange aux Bois et, en particulier, Bellecroix où 60 % des habitations sont à vocation sociale. Il faudra veiller à ce que les prestations, les services et les animations se retrouvent pareillement dans tous les quartiers de la ville.
De même, il conviendra de s’assurer que chacun puisse vivre à Metz tout au long de sa vie, de son enfance à sa retraite. Une statistique montre que seul un ménage messin sur trois est composé de plus de trois personnes : sensiblement en dessous des normes constatées par ailleurs, elle signifie que la fin des études, une mise en ménage, une naissance, la perte d’un emploi sont autant d’événements qui contraignent à quitter Metz intra muros pour sa périphérie ou plus loin encore. Ce phénomène s’étant accéléré ces dernières années, les communes périphériques de la CA2M, et ce n’est qu’un exemple, connaissent un développement résidentiel deux fois supérieur à celui de la ville.
Plusieurs solutions sont à mettre en place :
1) Les administrations et les multiples organismes qui dépendent de près ou de loin du domaine public doivent encourager cette approche volontariste en installant leurs bureaux un peu partout dans les quartiers, tous les quartiers, en occupant en tout premier, les locaux promis à la démolition. Qui plus est, dans des quartiers comme Borny, Bellecroix, la Patrotte, cette implantation participera à un essor des activités économiques.
2) Le projet actuel d’extension de l’Hôtel de Région et la réalisation du siège de la CA2M sont des opportunités à ne pas manquer. Le fait de les délocaliser à Bellecroix serait une mesure rationnelle.
3) La rénovation des quartiers ratés et inhumains, en aérant et en enlevant une partie de ces laideurs, est aussi à encourager, mais seulement après avoir relogé tous les mal lotis et les demandeurs de logement.
4) La phase reconstruction du Grand Projet de Ville (GPV) doit être démarrée immédiatement, avec en parallèle, la réalisation de maisons des services (cf. Chapitre 7). Par ailleurs, il est assez paradoxal qu’un Grand Projet de Ville ne s’adresse qu’à un seul quartier alors que certains autres comme Metz Nord et la Patrotte mériteraient aussi d’être pris en compte.
Bien entendu, ces mesures locales exceptionnelles devront être temporaires. Il s’agit de mettre en place un soutien décroissant avec le temps, une fois le rattrapage économique en place. En aucun, nous ne devons rentrer dans une logique d’assistance structurelle
5) Toujours pour encourager la mixité sociale, il sera imposé un quota de 20 % de logements sociaux sur toute nouvelle construction d’immeubles à Metz et dans l’agglomération. Cette règle pourrait être, en outre, applicable à chaque immeuble pris séparément, comme ce fut le cas jadis. La configuration idéale serait la suivante : au rez-de-chaussée : commerces, services, artisans, professions libérales ; au premier étage – l’ancien étage noble – : logements plus chers, plus vastes, plus hauts de plafond ; au deuxième et au troisième : appartements plus modestes, plus petits, meilleurs marché. De la sorte, ce système mélangerait résidence et activités et mixerait les catégories sociales, redonnant aux quartiers un aspect à la fois animé et cohérent. Enfin, cette mesure s’accompagnerait d’une aide substantielle à la rénovation de type OPAH. Et, afin de sécuriser les propriétaires, la gestion locative serait confiée à des professionnels tandis que la Ville constituerait un Fonds de garantie.
6) Metz et son agglomération ont la chance de posséder de grandes réserves foncières. La nouvelle structure de la CA2M, si sa fiscalité est adaptée, doit permettre de bâtir de nouveaux quartiers qui seront automatiquement reliés au réseau des transports de la communauté. En conséquence la proposition forte consiste en la mise en commun de l’ensemble des terres vierges de l’agglomération et la définition d’un plan de constructions et d’extension audacieux que compléteraient des possibilités d’accès à la propriété, étant entendu que priorité serait donnée à un habitat individuel avec une bonne qualité architecturale, un respect des normes HQE (écologiques) et l’inclusion des énergies renouvelables.
Désenclaver, relier les quartiers
Les transports en commun dessinent une étoile des banlieues vers le Centre : c’est une orientation logique mais insuffisante, car il faut aussi pouvoir se rendre plus facilement d’un quartier à l’autre. Dans ce sens, on encouragera :
1) La création d’une rocade circulaire, dans les deux sens, qui aura l’itinéraire suivant : Metz Nord - Saint Eloy - la Maxe - Saint Julien – Vantoux - Hauts de Blémont – Technopôle – Sablon – Magny – Montigny – Moulins Saint-Pierre – Moulins - Ban St Martin - Devant-les-Ponts - Metz Nord .
2) La pose de plusieurs passerelles pour piétons et cyclistes qui relieront les quartiers et les promenades : passage souterrain boulevard Maginot pour terminer la liaison entre Bellecroix et Outre-Seille, passerelle Devant-les-Ponts/Fort Moselle, continuité des promenades, du Lac Ariane au Jardin Botanique… Concernant le cas particulier d’une passerelle sur la Seille qui ferait jonction entre Queuleu et le Parc de la Seille, une large concertation avec les riverains sera organisée. Par ailleurs, la promenade des bords de Seille qui s’arrête actuellement au pont de chemin de fer de Magny, fera l’objet d’une continuation vers Marly et les Pays de Seille.
Création d’une Cité Etudiante internationale au cœur de notre ville
L’Université Paul Verlaine de Metz, les lycées et les CES rassemblent plus de 20.000 étudiants et pourtant leur place à Metz reste marginale : esseulé sur l’île du Saulcy, exilé vers un technopôle en perdition ou encore perdu dans la caserne Bridoux de Borny, l’étudiant est mal intégré, peu visible à Metz, alors qu’il devrait représenter une véritable richesse pour la cité.
Metz2008.com propose de saisir l’occasion du déménagement de l’Hôpital Bon Secours pour y créer une Cité Etudiante internationale, hébergeant les principaux services de la vie universitaire, des logements ouverts aux échanges internationaux, ainsi que des salles d’animation.
Cette structure sera le fer de lance de la politique universitaire lorraine dans un contexte de plus en plus mondialisé.
